Bouse de vache énergie plurielle

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07 Sep 17
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Publié dans ACTUALITES

ENERGIE : DE LA VACHE A l’ELECTRICITE !

Et si « l’avenir énergétique de la planète se jouait en partie dans la bouse de vache ! » Sans relent divinatoire, cette éventualité est en train de devenir un impératif environnemental et social. Et pour cause : l’énergie se trouve être la contrainte majeure de l’émergence économique des sociétés pastorales, riches de leurs bêtes, pauvres de leurs maîtrises techniques et technologiques ! Tout se passe comme si les mille et un usages des excréments animaux et surtout de la bouse de vache, échappent à leurs producteurs primaires, pasteurs et agropasteurs.

Une vache adulte produit environ 10 tonnes de bouses (excréments) chaque année. Les bovins expulsent, en temps normal, environ 30 à 60 kg d’excréments par jour, soit une moyenne de 10 à 20 bouses d'environ 3 kg chacune. En somme, un animal bien nourri et en bonne santé, peut produire annuellement un poids de bouse séchée équivalent à quatre ou cinq fois son propre poids. Une fois séchée, la bouse est utilisée comme combustible, engrais ou dans la de construction. Dans certaines parties du monde, la bouse de vache sert comme ingrédient dans la fabrication de briques à base d’argile. Pour s’isoler du froid et de la chaleur, les murs extérieurs des maisons rurales sont tapissés de bouse malaxée avec de l’argile. La bouse est le combustible préféré des potiers et des artisans car elle brûle lentement et uniformément.

La bouse de vache est un engrais naturel très performant, utilisé dans tous les pays où sont élevés des bovins. Souvent, c'est le fumier, mélange de bouse et de paille, issu des étables, qui est épandu dans les champs et les pâturages pour fertiliser les sols. C'est un solvant agricole recherché dans le jardinage, car il peut entrer dans la constitution du pralin dans lequel on trempe les racines d'arbres et d'arbustes avant de les planter.

Dans le passé, l’utilisation de la bouse fut le facteur le plus important dans le maintien de la fertilité des sols. Avant les semailles, les semences sont enduites de bouse. La bouse de vache est un fongicide particulièrement actif contre les champignons qui attaquent les semences. Même les oiseaux granivores rechignent à picorer ces graines préparées à la bouse ! Pour éloigner les prédateurs comme les rats et préserver les récoltes, le grain est stocké dans des réceptacles enduits d’une épaisse couche de bouse de vache pétrie avec de la paille. Cela protège le grain des attaques d’insectes et de rats, mais aussi de l’humidité.

De même, la médecine ancienne recommandait l'application de bouse pour soulager des brûlures, plaies et piqûres d’insectes ou de reptiles. Cette pratique est liée aux propriétés antiseptiques que l'on prête à la bouse. La bouse de vache est considérée comme un tonique pour la peau. Mélangée avec des feuilles de neem broyées, elle est curative dans diverses affections cutanées. Une crème de bouse aide les abcès à mûrir et soulage les démangeaisons de la peau. En effet, la bouse de vache possède des qualités antiseptiques et bactéricides vérifiées par la science moderne. La fumée des galettes de bouse de vache éloigne les moustiques. La cendre de bouse de vache est un bon détergent et sert à récurer les ustensiles de cuisine.

La bouse de vache est un bon blanchisseur, utilisé par les artistes traditionnels qui peignent ou impriment les toiles de coton. La bouse fraîche est collectée et diluée avec de l’eau. Le tissu est trempé dans ce mélange pendant un ou deux jours pour être ensuite séché au soleil. Cette méthode de blanchissement n’abîme pas le tissu mais, au contraire,  agit comme un mordant en augmentant la capacité de fixation des couleurs sur le coton de manière permanente.

La bouse séchée a une valeur énergétique comparable à celle du bois. On l’appelle parfois « bois de vache ». L'utilisation de la bouse sèche de bovidés comme combustible, existait probablement dès le paléolithique. Durant l'Antiquité, ce combustible était important dans les régions où la ressource de bois était rare pour cuire les aliments, lutter contre le froid et s’éclairer. Au cours des siècles, cet usage a persisté dans de nombreuses sociétés humaines.

Les avancées technologiques ont ouvert une nouvelle voie dans la production d'énergie avec la mise au point du procédé de méthanisation. En faisant fermenter les bouses de vache, il y a libération de méthane. On récupère ce gaz issu de la bouse, on le transforme en énergie et on le convertit en électricité. A l’échelle d’un foyer rural, cette énergie permet de gérer la cuisson des aliments, de charger un portable, de s’éclairer et même d’alimenter un téléviseur. A l’échelle d’une unité pastorale, des technologies avérées prouvent que la prise en charge de la question énergétique pour l’exhaure de l’eau, l’irrigation, la production d’électricité et d’une chaîne de froid, est bien possible.

La méthanisation, encouragée en tant qu’énergie renouvelable,pourrait faire partie du bouquet énergétique de plusieurs pays. A l’échelle d’un pays, l’électricité produite à partir des différents déchets organiques et transformée dans des usines de méthanisation, serait rachetée par les fournisseurs d’électricité et intégrée dans les réseaux de distribution au même titre que l’énergie produite par les éoliennes ou les centrales solaires.

Dans le monde, on estime que si tous les déchets méthanisables l’étaient réellement, on pourrait produire l’équivalent de neuf à dix centrales nucléaires. Pour sûr, les pays européens semblent avoir découvert et adopté l’énergie renouvelable de la bouse. En France,on compte une cinquantaine d’usines de méthanisation contre plusieurs milliers en Allemagne. Mais au-delà de l’électricité produite, la méthanisation a surtout des vertus environnementales : elle réduit la quantité de gaz carbonique émise par les effluents d’élevage dans l’atmosphère. Elle limite la quantité de substrats épandus, qui peuvent polluer les sols lorsqu’ils sont en excès ou non dégradés par les animaux coprophages comme les bousiers.

De nos jours, les bouses et excréments animaux comme source d'énergie, sont employés un peu partout dans le monde, là où l'achat d'autres formes de combustibles s'avère moins économique.

Dernière modification le jeudi, 07 septembre 2017 00:11