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ACTUALITES (5)

07 Sep 17
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ENCADRE _______________________________________________________________

LA PRODUCTION MONDIALE DE LAIT DE CHAMELLE EN 2012 SELON LA FAO

Dans le monde, quelque 19 pays produisent chacun au-delà de 5000 tonnes de lait de chamelle par an sur 26 grands producteurs. Au total, la production mondiale de lait de chamelle a atteint les 2 785 382 tonnes en 2012, selon la FAO. La Somalie et le Kenya sont les deux premiers producteurs mondiaux, talonnés par l’Ethiopie.

Dans la famille PRAPS, le Mali mène la danse avec une production de 138 727 tonnes, suivi du Niger 98 079 T, de la Mauritanie 26 250 T, du Tchad 24 000 T, du Burkina Faso 273 T. La production du Sénégal reste dérisoire avec une population totale de 5000 camélidés.

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Afghanistan 5100 T ; Algérie 13 000 T ; Arabie Saoudite 100 000 T ; Burkina 273 T ; Chine 12 820 T ; Mauritanie 26 250 T ; Mongolie 5755 T ; Niger 98079 T ; Ouzbékistan 900 T ; Qatar 5200 T ; Somalie 1090 000 T ; Soudan 61 000 T ; Tchad 24 000 T ; Tunisie 1300 T ; Ukraine 40 T ; Yémen 19 635 T ; Djibouti 6800 T ; Erythrée 23 800 T ; Ethiopie 165 117 T ; Russie 30 T ; Irak 180 T ; Kenya 933 616 T ; Libye 2600 T ; Mali 138 727 ; Maroc 6160 T ; Emirats Arabes Unis 45 000 T.

 Il y a 14 siècles, le Prophète Mouhammad, Paix et Salut sur Lui, a découvert, à côté du miel, les vertus cardinales du lait de chamelle ou dromadaire femelle. Depuis, les scientifiques ont eu le temps de mettre à l’épreuve la médecine prophétique, largement mise au goût du jour par les Bédouins, Touaregs et Berbères. Les connaissances empiriques sur le lait de chamelle ont été confirmées ou sont en voie de l’être par la science moderne. Les scientifiques commencent à découvrir les importantes vertus du lait de chamelle, notamment dans la guérison de nombreuses maladies. En particulier, le lait de chamelle regorge de vertus préventives et curatives. Il contient des antibiotiques d’un genre très rare et des substances permettant de lutter contre des maladies que la médecine moderne n’arrive pas encore à soigner.

Les nomades utilisent le lait de chamelle pour le traitement de nombreuses maladies : autisme, maladie de parkinson, borréliose (maladie de Lyme), maladie d’Alzheimer, fatigue, surmenage, douleurs abdominales (douleurs de l’estomac et des intestins), hydropisie (rétention d’eau, œdème), maladies du foie (cirrhose), jaunisse, asthme, anémie, tuberculose, hypertension, grippe, leucémie, cancer du côlon et diabète. Ainsi, on remplacerait avantageusement, les injections quotidiennes d’insuline chez un diabétique, par une certaine quantité de lait de chamelle. Des chercheurs tchadiens auraient obtenu d’excellents résultats dans ce domaine.

Les ingénieurs Abdelkrim Bourigué et Tahir Ebire, finalistes en 2014 de la Global Social Venture Competition (GSVC), travailleraient à la finalisation d'un produit novateur, nommé « Biodawa ». Ses principes actifs, essentiellement tirés du lait de chamelle, permettraient de lutter contre le diabète. Selon les résultats obtenus, sa commercialisation pourrait démarrer par le Tchad à partir de 2016 via l'entreprise « Labane-Na » qui devrait être implantée à Abéché. Le produit pourrait être exporté ensuite au Soudan, au Niger, au Mali et en Mauritanie. Ce traitement       « buvable », encore en phase de test, pourrait remplacer les injections d'insuline dans le futur si les projections des chercheurs tchadiens s’avéraient exactes.

Le lait de chamelle est déjà utilisé comme adjuvant en Inde via le Centre national de recherche sur les chameaux (CNRC), situé à Bikaner, dans l'État de Rajasthan. Cet institut de recherche produit une quantité donnée de lait par jour qu'il vend, ensuite, à un prix subventionné, au bénéfice de patients diabétiques ainsi qu'à un centre de médecine non conventionnelle qui s'occupe d'enfants handicapés. Par ailleurs, des tests de dosage radio-immunologique effectués sur des échantillonnages de lait de chamelle, ont révélé une concentration élevée en insuline.

En ajoutant à ce lait un peu d’urine de chameau, il est plus avantageux pour le traitement des personnes atteintes de leucémie, d’anémie et même pour le traitement du cancer. Il suffirait de prendre une tasse, l’équivalant de trois cuillerées à soupe d’urine de chameau, en y ajoutant un verre de lait de chamelle, qu’il faut boire à jeun. La recherche scientifique a constaté que l’urine de chamelle peut guérir des maladies du système digestif, en particulier le foie et l’inflammation. Par ailleurs, outre ses vertus toniques, sa composition ouvre des perspectives thérapeutiques latentes, notamment en soutien des traitements associatifs, propres à certains types de cancers comme le cancer du côlon, l’hépatite C, la gastro-entérite, les ulcères gastriques, l’herpès et la sclérose en plaque.

Le lait de chamelle a également tous les avantages connus du lait en général. Il participe au développement des os et agit ainsi, positivement, sur la croissance, au renforcement cardiaque, à la prévention contre la perte de cheveux, à la protection des gencives ainsi que des dents. Le lait de chamelle contient cinq fois plus de vitamine C et dix fois plus de fer que le lait de vache. Il contient moins de gras, moins de lactose et de l’insuline, ce qui en fait une bonne option pour les diabétiques et les intolérants au lactose. De même, les niveaux de potassium, magnésium, fer, cuivre, manganèse, sodium et zinc y sont plus élevés que dans le lait de vache. Le taux de cholestérol du lait de chamelle est inférieur à celui du lait de vache ou de chèvre. Il est conseillé de boire une tasse de lait de chamelle avant de se coucher avec une cuillère à café de miel d’abeilles pour être en bonne santé et renforcer son système immunitaire.

Autres avantages du lait de chamelle : il favorise le développement des os chez les enfants et adultes et permet donc d’éviter l’ostéoporose. Il renforce le muscle cardiaque et protège contre les maladies cardiovasculaires. Les Arabes obligent les enfants à boire de grandes quantités de lait de chamelle, pour développer un corps solide. Le lait de chamelle renforce et facilite la croissance, la reproduction et la prévention contre la perte de cheveux. Il aide à la restauration des cellules du corps grâce à la qualité de la protéine dédiée qu’il contient.

Selon les recherches et conclusions menées par les professeurs Yosef Shabo, Reuben Barzel, Mark Margoulis et Reuven Yagil de l'université Ben Gourion du Néguev à Beer-Sheva, en Israël, après une étude effectuée sur huit enfants âgés de 4 mois à 10 ans, présentant une allergie aux protéines de lait de vache, le lait de chamelle éviterait les régurgitations et les diarrhées fréquentes chez les nourrissons, soulagerait les douleurs abdominales, inhiberait certaines allergies et améliorerait le système immunitaire.

Le lait de chamelle recèle suffisamment de nutriments essentiels pour pourvoir aux besoins alimentaires quotidiens de l’homme. Dans de nombreux pays, il est d'ailleurs donné aux bébés souffrant de malnutrition. C’est une composante du régime alimentaire de nombreuses populations, mais sa production, commercialisée par des coopératives laitières, relève encore d'une industrie en gestation. Les chamelles pakistanaises et afghanes ont les rendements de lait les plus élevés, jusqu'à 30 litres par jour. La chamelle de Bactriane produit quotidiennement cinq litres tandis que, le rendement d'un dromadaire est de vingt litres en moyenne par jour.

La consommation de lait de chamelle cru se heurte, toutefois, à plusieurs paramètres de sécurité prophylactique, hygiénique et alimentaire relativement complexes. Les scientifiques pointent du doigt le risque de contamination potentielle par la brucellose, si le lait n’a pas subi un traitement thermique suffisant. De même, diverses contraintes techniques, notamment la nécessité de recourir à un lait cru, non thermisé et hygiéniquement irréprochable, compliquent sensiblement la donne au niveau de la préservation pérenne des principes actifs. Ceci rend complexe la perspective d’une consommation salubre à plus large échelle du lait de chamelle.

07 Sep 17
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ENERGIE : DE LA VACHE A l’ELECTRICITE !

Et si « l’avenir énergétique de la planète se jouait en partie dans la bouse de vache ! » Sans relent divinatoire, cette éventualité est en train de devenir un impératif environnemental et social. Et pour cause : l’énergie se trouve être la contrainte majeure de l’émergence économique des sociétés pastorales, riches de leurs bêtes, pauvres de leurs maîtrises techniques et technologiques ! Tout se passe comme si les mille et un usages des excréments animaux et surtout de la bouse de vache, échappent à leurs producteurs primaires, pasteurs et agropasteurs.

Une vache adulte produit environ 10 tonnes de bouses (excréments) chaque année. Les bovins expulsent, en temps normal, environ 30 à 60 kg d’excréments par jour, soit une moyenne de 10 à 20 bouses d'environ 3 kg chacune. En somme, un animal bien nourri et en bonne santé, peut produire annuellement un poids de bouse séchée équivalent à quatre ou cinq fois son propre poids. Une fois séchée, la bouse est utilisée comme combustible, engrais ou dans la de construction. Dans certaines parties du monde, la bouse de vache sert comme ingrédient dans la fabrication de briques à base d’argile. Pour s’isoler du froid et de la chaleur, les murs extérieurs des maisons rurales sont tapissés de bouse malaxée avec de l’argile. La bouse est le combustible préféré des potiers et des artisans car elle brûle lentement et uniformément.

La bouse de vache est un engrais naturel très performant, utilisé dans tous les pays où sont élevés des bovins. Souvent, c'est le fumier, mélange de bouse et de paille, issu des étables, qui est épandu dans les champs et les pâturages pour fertiliser les sols. C'est un solvant agricole recherché dans le jardinage, car il peut entrer dans la constitution du pralin dans lequel on trempe les racines d'arbres et d'arbustes avant de les planter.

Dans le passé, l’utilisation de la bouse fut le facteur le plus important dans le maintien de la fertilité des sols. Avant les semailles, les semences sont enduites de bouse. La bouse de vache est un fongicide particulièrement actif contre les champignons qui attaquent les semences. Même les oiseaux granivores rechignent à picorer ces graines préparées à la bouse ! Pour éloigner les prédateurs comme les rats et préserver les récoltes, le grain est stocké dans des réceptacles enduits d’une épaisse couche de bouse de vache pétrie avec de la paille. Cela protège le grain des attaques d’insectes et de rats, mais aussi de l’humidité.

De même, la médecine ancienne recommandait l'application de bouse pour soulager des brûlures, plaies et piqûres d’insectes ou de reptiles. Cette pratique est liée aux propriétés antiseptiques que l'on prête à la bouse. La bouse de vache est considérée comme un tonique pour la peau. Mélangée avec des feuilles de neem broyées, elle est curative dans diverses affections cutanées. Une crème de bouse aide les abcès à mûrir et soulage les démangeaisons de la peau. En effet, la bouse de vache possède des qualités antiseptiques et bactéricides vérifiées par la science moderne. La fumée des galettes de bouse de vache éloigne les moustiques. La cendre de bouse de vache est un bon détergent et sert à récurer les ustensiles de cuisine.

La bouse de vache est un bon blanchisseur, utilisé par les artistes traditionnels qui peignent ou impriment les toiles de coton. La bouse fraîche est collectée et diluée avec de l’eau. Le tissu est trempé dans ce mélange pendant un ou deux jours pour être ensuite séché au soleil. Cette méthode de blanchissement n’abîme pas le tissu mais, au contraire,  agit comme un mordant en augmentant la capacité de fixation des couleurs sur le coton de manière permanente.

La bouse séchée a une valeur énergétique comparable à celle du bois. On l’appelle parfois « bois de vache ». L'utilisation de la bouse sèche de bovidés comme combustible, existait probablement dès le paléolithique. Durant l'Antiquité, ce combustible était important dans les régions où la ressource de bois était rare pour cuire les aliments, lutter contre le froid et s’éclairer. Au cours des siècles, cet usage a persisté dans de nombreuses sociétés humaines.

Les avancées technologiques ont ouvert une nouvelle voie dans la production d'énergie avec la mise au point du procédé de méthanisation. En faisant fermenter les bouses de vache, il y a libération de méthane. On récupère ce gaz issu de la bouse, on le transforme en énergie et on le convertit en électricité. A l’échelle d’un foyer rural, cette énergie permet de gérer la cuisson des aliments, de charger un portable, de s’éclairer et même d’alimenter un téléviseur. A l’échelle d’une unité pastorale, des technologies avérées prouvent que la prise en charge de la question énergétique pour l’exhaure de l’eau, l’irrigation, la production d’électricité et d’une chaîne de froid, est bien possible.

La méthanisation, encouragée en tant qu’énergie renouvelable,pourrait faire partie du bouquet énergétique de plusieurs pays. A l’échelle d’un pays, l’électricité produite à partir des différents déchets organiques et transformée dans des usines de méthanisation, serait rachetée par les fournisseurs d’électricité et intégrée dans les réseaux de distribution au même titre que l’énergie produite par les éoliennes ou les centrales solaires.

Dans le monde, on estime que si tous les déchets méthanisables l’étaient réellement, on pourrait produire l’équivalent de neuf à dix centrales nucléaires. Pour sûr, les pays européens semblent avoir découvert et adopté l’énergie renouvelable de la bouse. En France,on compte une cinquantaine d’usines de méthanisation contre plusieurs milliers en Allemagne. Mais au-delà de l’électricité produite, la méthanisation a surtout des vertus environnementales : elle réduit la quantité de gaz carbonique émise par les effluents d’élevage dans l’atmosphère. Elle limite la quantité de substrats épandus, qui peuvent polluer les sols lorsqu’ils sont en excès ou non dégradés par les animaux coprophages comme les bousiers.

De nos jours, les bouses et excréments animaux comme source d'énergie, sont employés un peu partout dans le monde, là où l'achat d'autres formes de combustibles s'avère moins économique.

06 Sep 17
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Le Projet régional d’appui au pastoralisme (PRAPS) soutient l'amélioration de la productivité,   de la durabilité et de la résilience des moyens d'existence pastoraux dans les six pays ciblés. En cela, la composante 4 «Gestion des crises pastorales» du projet vise à améliorer la préparation aux situations de crise, la prévention et la réponse aux niveaux national et régional. Le résultat à moyen terme attendu est la réduction du temps nécessaire, en période de crise pastorale, pour atteindre 50% des bénéficiaires ciblés (précédemment identifiés dans un plan d'intervention en situation de crise qui prend en compte spécifiquement les éleveurs).

Pour la mise en œuvre de cette composante, le projet doit travailler en étroite collaboration avec le système dalerte précoce des pays afin de mieux intégrer les indicateurs liés au pastoralisme dans le suivi de la vulnérabilité et dans le seuillage des indicateurs pour mieux alerter et gérer les crises pastorales. Ainsi pour le Sénégal, un partenariat a été noué entre l’Unité de coordination du PRAPS et le Secrétariat exécutif du Conseil national de Sécurité alimentaire (SECNSA) en charge du système dalerte précoce /Sécurité alimentaire (SAP/SA).

Suite au diagnostic du SAP/SA qui a é fait dans le cadre de ce partenariat en 2016 et latelier régional de restitution des résultats du diagnostic SAP des pays tenu les 24 et 25 novembre 2016 à Cotonou, il a été retenu, sur la base   des recommandations du rapport de diagnostic national, de stabiliser les indicateurs liés au pastoralisme et de déterminer les différents seuils à considérer pour l’alerte précoce. Dans ce cas, il est important de choisir des indicateurs et des données dont la collecte est garantie de manière durable en vue de bâtir un seuil d’alerte.

C’est dans cette perspective qu’un atelier d’identification des indicateurs d’alerte pastoraux a été organisé à l’Hôtel Arc-en-Ciel du Lac Rose du 24 au 25 juillet 2017. L’objectif global de latelier est de disposer d'une liste d'indicateurs avec seuillage liés au pastoralisme au niveau national dans le cadre du SAP/SA. Ceci devrait permettre de les suivre et analyser dans le cadre des différents outils de sécurité alimentaire pour une meilleure prévention et gestion des crises pastorales au Sénégal.

En particulier, l'atelier a permis d’arter la liste d'indicateurs à suivre dans le cadre du SAP/SA, en s'appuyant sur le rapport diagnostic du SAP/SA pour une meilleure ingration des indicateurs liés au Pastoralisme ; de proder à la description détaillée de chaque indicateur retenu (intitulé, définition, description détaillée, unité de mesure, méthode, fréquence et source de collecte, mode de calcul, etc.) ; de définir le seuil d’alerte pour les crises pastorales en utilisant les indicateurs stabilisés et enfin de proposer un plan d'action pour la période 2017-2018. L’atelier s’est déroulé sous la supervision de la Coordinatrice régionale du PRAPS, Mme Maty BA DIAO.

 

18 Juil 17
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PRAPS-SN : douze dictaphones à l’Union des radios communautaires

Dakar 14/7/2017. Au titre de la convention de partenariat signée le 22 février 2017, le coordonnateur du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) a remis officiellement douze dictaphones au Président de l’Union des radios associatives et communautaires du Sénégal (URAC).

La cérémonie de remise du don a eu lieu le vendredi 14 juillet dans la salle de conférences du Projet situé au 4è étage de l’Immeuble Elysée II à Sacré Cœur III. Ces dictaphones d’une haute performance technique et technologique sont destinés au siège de l’URAC et aux onze radios locales qui appuient la politique de communication participative du PRAPS au niveau des huit départements couverts par le projet. Cette stratégie communicationnelle met l’accent sur la pérennisation du projet et son appropriation par les bénéficiaires.

En remettant le matériel au Président de l’URAC, Talla Dieng, le Dr Ibrahima Niang, coordonnateur du PRAPS, a mis en exergue l’importance des radios de proximité dans l’approche de communication participative développée par le Projet. A cet effet, le Dr Niang a rappelé que la Banque mondiale définit la participation comme étant « le processus par lequel les parties prenantes influencent les initiatives de développement ainsi que les décisions et les ressources qui les affectent, et en partagent le contrôle ».

Du point de vue de la Communication du PRAPS Sénégal, cette approche s’appuie principalement sur la communication de proximité, à travers les médias de masse légers. Le principal média léger et, de loin le moins coûteux, est la radio locale dite communautaire, à côté de la radio commerciale et de la radio de service public.

Et pour le coordonnateur du PRAPS, « la station de radio communautaire permet à ceux qui l’écoutent dans des zones rurales isolées, d’être au courant de l’actualité, d’avoir des informations pratiques et de savoir ce que pensent leurs voisins. La radio communautaire participe à la vulgarisation de la démocratie et des principes de développement endogène autopropulsé. Elle permet d’améliorer le niveau de vie des populations qui s’identifient à elle du fait de sa proximité et de la prise en charge de leurs préoccupations quotidiennes ».

En d’autres termes, la radio locale est la voix des « sans voix », et donc le reflet de la diversité culturelle pour la résilience des communautés pastorales at agropastorales. En somme, le Dr Niang est d’avis que la radio communautaire est l’avocate qui défend les intérêts de ses auditeurs et permet de résoudre les mille et un problèmes de la vie de tous les jours des populations pastorales.

Pour le coordonnateur du PRAPS Sénégal, « la radio communautaire est donc un instrument idéal pour assurer le portage des messages du Projet et de ses partenaires vers les communautés d’éleveurs. Et c’est en cela, que nous avons fait de l’URAC un partenaire stratégique privilégié pour la bonne conduite de notre politique de communication ». Dans le cadre du partenariat URAC-PRAPS, le Dr Niang a jugé bon, après les deux ateliers organisés sur la planification des émissions pastorales, d’organiser au courant de la prochaine année budgétaire un atelier de renforcement de capacités des radios partenaires en communication sociale et environnementale et en communication des risques ou communication de crises. De plus, pour permettre aux radios communautaires de bénéficier des retombées du Projet, un certain nombre d’équipements pourra leur être fourni pour les aider à performer à l’image des dictaphones.

C’est d’ailleurs la principale suggestion du Président de l’URAC. Talla Dieng, après avoir sincèrement remercié le Projet pour sa contribution à l’autonomisation des radios communautaires, a souhaité un appui en ordinateurs fixes et autres petits matériels qui plombent l’épanouissement quotidien des radios de proximité. Il a également plaidé pour un élargissement rapide de la convention à toutes les radios communautaires qui émettent dans les zones couvertes par le Projet. Cette éventualité est envisageable avec l’arrivée prochaine d’un projet complémentaire de la Banque islamique de développement (BID) au PRAPS. L’élargissement du Projet à six autres départements, en plus des huit actuellement couverts par le projet, devrait justifier l’expansion de la convention avec l’URAC à d’autres radios locales.

 

10 Juil 17
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La santé animale est l’une des clés de succès d’un élevage performant et productif. Base de la santé animale, la vaccination bat de l’aile au Sénégal. En dépit d’efforts importants, la faiblesse du taux vaccinal est la contrainte majeure de la morbidité et de la mortalité du cheptel. Pour pallier ce phénomène et donner aux éleveurs les meilleures chances de vacciner leurs animaux, le mandat sanitaire a été institué en 1995.

Bon an mal an, le mandat sanitaire dévolu au privé, a permis au Sénégal d’améliorer et de diversifier l’offre de services vétérinaires auprès des éleveurs. Il a apporté une réponse plus ou moins satisfaisante au déficit de personnel des services vétérinaires publics. Il a permis d’améliorer les rapports entre demandeurs (éleveurs et agropasteurs) et prestataires privés. Ces rapports sont basés sur la qualité du service et sur son coût pour les bénéficiaires.

Cependant, les effets espérés (démocratisation de l’acte vaccinal et couverture nationale) ne se sont pas produits. En somme, le mandat sanitaire ne semble avoir été assez motivant pour tirer le privé vers les zones rurales enclavées. Ainsi, il existe encore plusieurs localités en milieu pastoral, notamment aux frontières avec le Mali et la Mauritanie, où un important cheptel ne bénéficie toujours pas de couverture vaccinale régulière. Et donc pour atteindre les normes de l’OIE qui préconisent la vaccination de 80% du cheptel pour une protection convenable, le Sénégal doit adopter de nouvelles stratégies vaccinales portées par une réorganisation innovante de son système vétérinaire.

Au Niger, une solution semble avoir été trouvée avec l’approche des SVPP (Services vétérinaires privés de proximité). L’idée des Services vétérinaires privés de proximité est née d’un atelier de réflexion sur les « Stratégies de mise en place et de pérennisation de la clinique vétérinaire rurale », tenu en juin 2003 à Dakoro, dans la région de Maradi. Le Niger avait alors opté pour la privatisation de la médecine vétérinaire avec, à la clé, l’installation en milieu rural de cliniques privées, de pharmacies et dépôts de médicaments vétérinaires. Ce redéploiement vétérinaire s’appuie sur la formation d’auxiliaires d’élevage.

Après des débuts poussifs, le tout premier SVPP est né à la suite de l’atelier de Dakoro sur l’initiative des ONG Vétérinaires Sans Frontière Belgique (VSF-B) et Karkara Niger, dans le cadre du projet PROXEL (Proximité Eleveurs). Le système met en relation un Docteur en médecine vétérinaire (DMV) installé en clinique privée avec un réseau d’auxiliaires d’élevage (AE) mieux formés et bien suivis. Le SVPP est un concept de santé animale communautaire, prioritairement orienté vers les zones pastorales enclavées. Il offre des services vétérinaires fiables, durables et de qualité. L’accessibilité géographique et financière de ces services est la clé de voûte de l’architecture. Pour couronner le tout, un approvisionnement régulier en produits vétérinaires est assuré pour consolider la mise en œuvre du mandat sanitaire.

A l’évaluation, ce projet s’est avéré une grande réussite, avec des résultats intéressants. Exemple : les chiffres de la vaccination ont été multipliés par dix, en cinq ans, dans le département de Dakoro. Depuis cette première expérience, d’autres SVPP ont été créés par VSF-B avec ses partenaires locaux principaux et d’autres partenaires et institutions de développement. Plusieurs vétérinaires privés ont également pris l’initiative de lancer de nouveaux SVPP avec l’appui de l’autorité publique.

C’est pour s’inspirer du modèle nigérien en matière de SVPP, qu’une mission du PRAPS Sénégal a séjourné au Niger du 04 au 11 juin courant. La mission était composée du Dr Coumba Faye Diouf, point focal du PRAPS à la Direction des Services vétérinaires, du Dr Rosalie Martine Ndew Seck, chef du Service régional de l’Elevage de Tambacounda, du Dr Imam Thiam, Président de l’Ordre des Docteurs vétérinaires du Sénégal, de Atoumane Mamoudou Kane, de l’ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) et de Bassirou Sall, responsable du Renforcement des capacités et Genre du PRAPS Sénégal.

Au moment de la visite de la délégation sénégalaise, le Niger compte dix-huit SVPP. Tous bénéficient du mandat sanitaire pour la vaccination contre la PPCB, la PPR et la Pasteurellose des camélidés, dans les départements où ils sont installés. A cet effet, près de 500 auxiliaires d’élevage actifs ont été mis en réseau. Le SVPP de Dakoro avec son réseau de 54 auxiliaires est un exemple de réussite de part ses effectifs de vaccination et autres types d’interventions. Il a donc balisé le chemin.

A ce jour, le SVPP a été retenu comme mode d’opération et de promotion des vétérinaires privés. Il figure dans les nouveaux textes portant sur l’exercice de la profession vétérinaire adoptés en 2011 et dans la Stratégie de développement durable de l’élevage au Niger (2012-2036). Le guide de mise en place des SVPP a été édité en 2015 par le ministère de l’Elevage qui, la même année, a pris deux arrêtés. Le premier fixe les missions et conditions de création d’un SVPP et l’autre détermine les activités professionnelles de l’auxiliaire d’élevage. Le SVPP est structuré autour de trois composantes fondamentales et indissociables. La composante pratique vétérinaire assure le suivi sanitaire des animaux (vaccination et traitement), garantit le réapprovisionnement en intrants vétérinaires et zootechniques et offre des conseils en élevage. Elle contribue aussi à la surveillance épidémiologique des maladies.

La composante sensibilisation vise à conscientiser les éleveurs à la prophylaxie, au traitement des animaux, aux nouvelles techniques d’élevage et, dès le départ, à la nécessité de recouvrement des coûts des services offerts par la composante pratique vétérinaire. Cette composante est gérée par les organisations d’éleveurs. Les éleveurs sont au centre du dispositif et jouent un rôle actif dans le fonctionnement du SVPP. Ils soutiennent les auxiliaires en élevage (AE) dont ils participent à la sélection et acceptent de payer comptant les soins et les médicaments délivrés à leurs animaux. Les associations d’éleveurs constituent, avec les communes, les services d’élevage, les chefferies traditionnelles et le projet d’appui, les acteurs de la composante sensibilisation.

La composante suivi-contrôle est chargée de veiller à la qualité du service délivré aux éleveurs et au respect de la déontologie vétérinaire et de la règlementation. C’est une composante à part entière du service public et de l’ordre des médecins vétérinaires. Il nécessite, par conséquent, l’affectation de moyens suffisants pour veiller sur le bon fonctionnement du système.

La clinique vétérinaire rurale (CVR) et le réseau d’AE constituent le réseau de santé animale de proximité. Le réseau est placé sous la responsabilité du Docteur en médecine vétérinaire (DMV). Celui-ci dirige et gère la CVR, assure l’encadrement, le suivi, la formation et l’approvisionnement en intrants vétérinaires des AE. Il réalise les soins et opérations chirurgicales vétérinaires qui sortent du champ d’intervention des AE. Il assure le suivi sanitaire et zootechnique global dans le département couvert par sa structure. Il peut être assisté d’un ou de deux adjoints qui sont salariés du SVPP.

Le SVPP est garant de tous les actes vétérinaires posés par les AE. Les AE dont le nombre dépend de l’étendue de la zone couverte (un AE pour un rayon de 5 à 10 km), constituent les acteurs de proximité. Ce sont des hommes ou des femmes, sélectionnés par leur communauté, selon des critères bien définis et ayant participé, avec succès, à une formation sur dix modules agréés par la Direction générale des Services vétérinaires (DGSV).

La fonctionnalité des AE dépend largement des possibilités de réapprovisionnement rentable en médicaments vétérinaires. D’où la nécessité d’appuyer la structuration de la filière locale d’approvisionnement avec des dépôts et pharmacies vétérinaire), tout en veillant à garder un prix raisonnable du médicament auprès de l’éleveur. Les AE ne sont pas salariés. Ils sont rémunérés à partir des bénéfices issus des ventes de médicaments et des prestations propres ou en collaboration avec les vétérinaires privés.

Le Service de l’élevage contrôle le respect de la règlementation et la qualité des services offerts. Les associations d’éleveurs veillent au respect de certains principes (prix homologués, tenue de stocks, conformité des produits). Le projet d’appui partenaire contrôle la bonne gestion de la CVR. L’Ordre national des Vétérinaires du Niger (ONVN) veille au respect des principes de déontologie et d’éthique de la profession vétérinaire.

Pour la mise en place et la pérennisation du dispositif envisagé, tous les acteurs sont impliqués à toutes les étapes. La précision du rôle de chaque partie prenante dans le déroulement du processus, est fondamentale dès le départ. Au-delà des connaissances techniques, il est important de tester les capacités humaines et managériales des candidats vétérinaires ainsi que leur volonté de porter le projet. Le SVPP ne fonctionnera que si le vétérinaire entretient de bonnes relations avec les éleveurs, ses adjoints, les AE, les partenaires et se donne à fond. Le vétérinaire a besoin d’adjoints pour aider à suivre et renforcer les AE. La sélection des AE doit se faire de façon participative avec les communautés.

Après avoir suivi une première présentation générale par VSF-B sur l’historique, le dispositif et de la démarche du SVPP et de son installation au Niger, la mission s’est rendue dans la région de Maradi pour découvrir en grandeur nature la réalité de terrain d’un SVPP. A Dakoro, le Dr Hamidou Issoufou dirige un SVPP installé en 2003. Cette étape a permis de faire un exposé détaillé, suivi de discussions sur le dispositif, le fonctionnement et les réalisations d’un SVPP, en présence des principales parties prenantes.

A Mirriah, la mission a rencontré le Dr Abdoul Karim Oumarou, à la tête d’un SVPP en cours d’installation. Elle a tenu avec lui une séance de travail en présence du Directeur départemental de l’élevage et du responsable de VSF Belgique. Le Dr Oumarou a évoqué, à cette occasion, les conditions de son installation, les difficultés qu’il rencontre et ses rapports avec le service public de l’élevage.

Partant des enseignements titrés des échanges avec les acteurs pendant le séjour au Niger et du contexte sénégalais, la mission a émis des propositions d’installation et de démarche de mise en œuvre de SVPP autour des trois cabinets vétérinaires privés en zone pastorale que le PRAPS a prévu de construire et d’équiper pour renforcer la présence des mandataires dans les zones pastorales transfrontalières. Les sites proposés, tenant compte de la répartition des services publics et des privés déjà installés et de leur rayon d’action, sont Saly Escale (Koungheul), Thillé Boubacar (Podor) et Payar (Koumpentoum).

La dernière étape de la mission au Niger a été consacrée aux entretiens avec l’ONG VSF Belgique pour trouver des pistes de facilitations pour la création de SVPP au Sénégal. Le schéma de collaboration retenu fait d’AVSF Sénégal une plateforme d’intervention pour les activités à mener. Des actions ponctuelles d’appui seront assurées par des experts de VSF-B. Ce schéma, s’il validé par les responsables des deux ONG, fera l’objet d’un protocole. En plus d’AVSF, l’ODVS constitue un partenaire incontournable de la mise en place de SVPP, aussi bien pour la sélection des docteurs vétérinaires que pour la mise en place et le contrôle du système. Il est prévu de signer un protocole entre la DSV chargé du contrôle et du suivi et l’ODVS pour son implication dans cette activité.